Allez, juste un petit tour, histoire de faire quelques courses et d'humer la moiteur guinéenne. On quitte la maison et on se dirige vers Kaloum, le centre ville de Conakry. C'est là que toutes les entreprises sont implantées puisqu'en dehors de ce quartier, l'électricité et l'eau courante se font rares.

Hop, en voiture ! Pour arriver au Pont du 8 novembre, à 200 mètres de notre point de départ, compter 20 bonnes minutes. Oui oui, on ferait bien plus vite à pied mais...

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Et si par malheur c'est un jour de festivités au Palais du Peuple, on se mord les doigts de n'être pas resté chez soi, dans ce havre de calme et de frais si regretté... Car c'est officiel, la journée est foutue, enfermé qu'on est dans ce caisson surchauffé monté sur roues (la clim est bien évidemment HS), chaînon imbriqué, coincé, bloqué, partie intégrante de cette immense file au ralenti... un boyau mécanique qui refuse de se vider. Il n'y a plus qu'à souffler : pfffffff....

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Trève de rêverie, il faut affronter la réalité : je vis dans une ville où il n'y a aucun panneau de signalisation, les sens interdits changent plusieurs fois par mois ce qui rend la conduite plus que périlleuse. Quelques flics chargés de la circulation sont logés aux ronds-points mais il n'est pas rare de les voir plutôt se reposer à l'ombre des fromagers* de ces mêmes ronds-points !
* L'arbre, pas le marchand de camemberts

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Voire de se castagner avec l'honnête citoyen...

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Certains jours, les embouteillages peuvent s'étendre sur plusieurs kilomètres. Le petit tour en ville de quelques minutes devient un calvaire... de trois heures interminables.

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Ca laisse le temps d'admirer le paysage...

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Le moteur au point mort au milieu d'un chapelet de plusieurs centaines de voitures, il faudra pourtant redémarrer pour laisser la voie aux véhicules de l'état qui foncent droit devant, sirènes hurlantes, devancées d'une escorte de dizaines de militaires armés. Des flics nous forcent à changer de route, bon, on n'est plus à 20 minutes près...

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Quasiment aucun bus à Conakry, sauf de rares épaves données au pays il y a des années et dont on se demande comment elles peuvent encore circuler. Les gens se déplacent donc presqu'exclusivement en taxi. Point de trajectoire fixe, alors en fonction de l'endroit que l'on souhaite rejoindre, il faut agiter la main d'une certaine façon ! Selon la destination (le port, Kaloum, la cimenterie, les quartiers etc.) on remuera le pouce, la tranche de la main ou des doigts de haut en bas, en diagonale, comme une langue des signes (bon j'avoue, je n'ai pas encore tout retenu). Le chauffeur de taxi ne s'arrête donc que si la destination évoquée par votre main correspond à la sienne ! Fallait y penser.

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De retour chez soi, hop hop hop ! à la douche !

On n'a plus qu'à apprécier ce nettoyage de peau par sudation : une douceur incomparable ! Qu'on se le dise : le sauna, le hammam... c'est has been.

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